La Bretagne en pleine évolution

Il y a quelques décennies, on disait “l’évolution est une révolution sans en avoir l’R”. L’auteur de cette pensée est Pierre-Henri CAMI. Ce n’est ni un grand philosophe, ni un économiste, mais un humoriste. Pourtant, je trouve que cette phrase, anodine à l’époque où elle a été écrite, prend tout son sens de nos jours. 

Depuis un peu plus d’un siècle, des découvertes comme l’électricité, la voiture puis l’électronique et l’informatique nous ont apporté un confort, des moyens de “mieux” profiter de la vie.  C’est indéniable, mais sans en voir l’air et surtout sans que nous n’en prenions conscience, ce confort a envahi notre vie.

Un changement invisible

Le terme est volontairement mal choisi. Ce changement, très progressif et surtout dans le but de nous satisfaire, ne nous a pas dérangé. Si nous essayons de comparer le “fonctionnement” d’un ménage (c’est le terme employé par les économistes et les sociologues) en 1921 et un autre en 2021, les différences sont énormes. Ce changement de mode de vie est le plus rapide et le plus spectaculaire que notre civilisation a connu. 

Aujourd’hui, ce changement est bien installé et reste visible (pour celui qui veut bien le voir). C’est le progrès ! Toutes ces découvertes sont devenues nos amies. Elles nous ont servis, aidés, puis rendus dépendants. Telle une drogue, elles nous imposent aujourd’hui une manière de vivre.

C’est agréable, certes, quand nous baignons dans cette ambiance. Mais vu de l’extérieur, on prend conscience des débordement.

C’est aussi l’origine des conflits de générations. Les “anciens” ont pris leurs habitudes en dehors de cette course au progrès, en attribuant plus d’importance à la valeur du travail et aux relations sociales. Les nouvelles générations (4 consécutives en 100 ans) ont, les unes après les autres compris tout ce que pouvait apporter le progrès. Aussi bien personnellement que professionnellement. La simplification des tâches, l’automatisation, la communication sont autant d’atouts que nous apporte le progrès. Moins de temps de travail, plus de temps de loisirs (qu’il faut combler) mais aussi des relations faciles et surtout exemptes de tout frein social.

Les relations sociales

Elles ne sont plus imposées par le lieu d’habitation ou le milieu professionnel. On peut se faire des “amis” à l’autre bout du monde (vacances, Internet …). Cette profusion d’amis permet de faire des choix. Nous n’avons plus la contrainte de nous adapter aux autres. Nous pouvons sélectionner parmi tous nos amis, ceux qui sont comme nous, qui pensent comme nous, qui aiment ce que nous aimons et font ce que nous avons envie de faire. Bref, plus de remise en question de notre comportement personnel, nous sommes certains de trouver quelqu’un qui approuvera nos pensées, nos comportement ou nos choix.

La recherche d’une qualité.

Vivre avec son temps n’a rien de contradictoire avec une vie saine et réfléchie. Tout est une question de dosage et de bon sens. Nous recherchons tous une qualité de vie. Mais pour qui ? Il ne faut pas vivre au détriment des autres, mais avec les autres. Etre comblé mais seul ne nous satisfera pas longtemps. L’homme a besoin d’un entourage social. Il nous faut donc chercher une qualité de vie pour nous et la partager, ne pas négliger les autres dans nos choix.

L’exemple de la Bretagne

La Bretagne, elle aussi a dérapé et est entrée, après la dernière guerre dans un cycle infernal : Produire plus pour rester vivant (économiquement) face aux puissances commerciales “étrangères” à la Bretagne. En effet, après la pénurie qui a frappé la population durant la guerre, un besoin excessif de consommer est apparu. La population étant en forte hausse (Baby boom), il a fallu produire plus, beaucoup plus ! La Bretagne n’est pas extensible. Entourée par la mer, toute terre qui est habitée n’est plus exploitable pour l’agriculture. 

C’est ainsi que l’on entre, subrepticement dans le monde de l’agriculture intensive, de la pêche intensive… A cette époque, on n’en connaissait pas vraiment les inconvénients mais les avantages étaient évidents. L’utilisation d’engrais et de pesticides rendaient le travail des champs plus simple, plus rapide et plus rentable…

Je pense qu’il faudrait relativiser le sens de l’expression “un petit coin de verdure” qui dégage une impression de nature et de vie saine. Certes, les abords des fleuves sont de plus en plus verts. C’est effectivement la nature ! Aidée par l’homme et tous les produits qu’il répand pour obtenir de magnifiques cultures. Les eaux de ruissellement ont emporté ces produits “miracle” vers les rivières. Les côtes bretonnes sont maintenant bien vertes. On parle de “produits verts”, de “marques vertes”. Certaine marques ont même changé la couleur de leur logo pour la verdir et renforcer leur image auprès du public (une célèbre franchise de restauration rapide internationale par exemple).

Les côtes bretonnes sont effectivement de plus en plus vertes grâce aux algues vertes. Non, ce n’est pas de la magie, c’est de la chimie associée à la biologie… mais c’est beau !

Ici et ailleurs

Des pièges comme celui-là, il y en a eu une multitude avec des effets plus ou moins marqués (et remarqués). On peut citer l’utilisation des matières plastiques (qui remplaçaient avantageusement le bois, le verre et le métal). Nous ne sommes pas les seuls a manipuler des “bombes à retardement”. Un autre exemple qui concerne les régions plus chaudes : Les crèmes solaires. Quand on est quelques uns sur une plage immense à se badigeonner avant d’aller se baigner, le produit disparaît dans l’eau de mer et nous sommes condamnés à nous ré-enduire au sortir de l’eau. Quand on a, comme sur les plages du sud de la France, en moyenne une personnes au mètre carré qui s’enduit plusieurs fois dans la journée, il ne faut pas s’étonner que nos amis les animaux marins suffoquent ! Il ne faut pas oublier que l’eau dans laquelle nous nous amusons à patauger est leur unique lieu de vie.

Nous sommes tous victimes et coupables à la fois

Sans nous en rendre compte et sans avoir les connaissances que nous avons aujourd’hui, nous sommes entrés dans cette course, à la recherche du “plus et mieux”. Aujourd’hui, la conscience collective essaie de “redresser la barre”, souvent en s’opposant à son ennemie de toujours, la conscience individuelle.

Nous devons garder notre patrimoine, qui est l’identité de la Bretagne, le faire évoluer pour l’adapter aux “goût du jour” sans y perdre notre “âme”. Peut-être même, faire de nos différences des atouts majeurs. A une époque où nous recherchons une identité commune, s’habiller pareil, voir les mêmes choses, aimer les mêmes choses (est-ce possible ?). Etre différent et l’assumer (pas toujours facile, à voir les caricatures qui sont faites des breton.nes) peut attirer les personnes en mal de dépaysement ou les insatisfaits de la vie actuelle. Attention, il existe un risque réel : lequel va déteindre sur l’autre ?

Un patrimoine immobilier, culturel et …. culinaire.

Les fermes avec leur tas de fumier dans la cour, ce n’est pas “glamour”. Des gîtes, des chambres d’hôtes bien décorés, c’est plus attirant et cela permet de remettre aux normes imposées par la loi et donc d’entretenir et de conserver des bâtiments qui ont vécu aux lueurs des lampes à pétrole. Le tourisme maitrisé peut être la solution qui répond à ces trois besoins (immobilier, culturel et culinaire) à la fois. mais il faut rester attentif aux futures (r)évolutions.

En conclusion

Nous avons tous été piégés, sans le savoir. Nous prenons tous et toujours des décisions sans connaître les conséquences réelles de nos choix. Acheter un appareil qui va tomber en panne 8 jours plus tard alors que ce modèle fait par ailleurs la satisfaction d’innombrables personnes, prendre un train qui va rencontrer des problèmes mécaniques et nous faire perdre de longues heures. (Les heures n’ont pas toutes la même durée, elles sont plus longues quand on attend). Toute notre vie est faites de choix. Parfois bons, parfois mauvais, il faut avoir la volonté de les assumer et d’avancer.

En conclusion

Nous avons tous été piégés, sans le savoir. Nous prenons tous et toujours des décisions sans connaître les conséquences réelles de nos choix. Acheter un appareil qui va tomber en panne 8 jours plus tard alors que ce modèle fait par ailleurs la satisfaction d’innombrables personnes, prendre un train qui va rencontrer des problèmes mécaniques et nous faire perdre de longues heures. (Les heures n’ont pas toutes la même durée, elles sont plus longues quand on attend). Toute notre vie est faites de choix. Parfois bons, parfois mauvais, il faut avoir la volonté de les assumer et d’avancer.

Aujourd’hui, la France et la Bretagne en particulier ont pris les décisions qui s’imposaient au bon sens. Nous ne sommes pas les seuls.

Le bon sens d’aujourd’hui sera-t-il encore le bon sens demain… l’avenir le dira.

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